À l’occasion de l’exposition « Le sang de la terre », le musée Vivant Denon met à l’honneur une œuvre de Léon Gambey intitulée Bacchante.
Léon Gambey, l’artiste
Peintre militaire, dessinateur, illustrateur, Léon Gambey est un artiste originaire de Chalon-sur-Saône mort trop jeune, au front, en décembre 1914.
Vers 1900, Léon Gambey rejoint Paris pour y recevoir une formation artistique. C’est l’occasion pour lui de rencontrer des maîtres tels que le sculpteur Emmanuel Frémiet (1824-1910) ou encore l’illustrateur suisse Eugène Grasset (1845-1917), initiateur du mouvement de l’Art Nouveau, dont il sera l’élève à l’école Normale de dessin dite « École Guérin ».
Dans son atelier rue Mizon à Paris, le jeune artiste se serait exercé en réalisant de nombreuses études. Luc Olivier Merson (1846-1920), chef d’atelier de l’École des beaux-arts, aurait remarqué le talent du jeune artiste disant de ses croquis qu’ils « n’étaient pas le travail d’un élève mais celui d’un maître ».
Le thème des bacchantes
Dans la mythologie romaine, une bacchante est une prêtresse du dieu Bacchus (dieu du vin). Elle célèbre les mystères et les fêtes dionysiaques. Plusieurs attributs lui sont propres dont la couronne de pampres ou feuilles de vigne.
Tout au long du 19e siècle, l’imaginaire de Bacchus devient une source d’inspiration pour les artistes. C’est notamment à travers la figure de la bacchante que les artistes renouvèlent le thème en offrant l’image d’une muse des temps nouveaux très vite assimilée par l’imagerie populaire. Léon Gambey a choisi d’aborder le sujet en puisant dans le répertoire de l’Art Nouveau : femme idéalisée à la longue chevelure flottante, lignes aux courbures élégantes, décor composé d’éléments végétaux, utilisation de la couleur. Cette aquarelle n’est pas sans rappeler certaines œuvres réalisées par Eugène Grasset. Est-ce vraiment une bacchante ou simplement une jeune femme représentée pour symboliser l’automne ? À ce jour, aucune information ne permet d’affirmer si cette aquarelle est un travail préparatoire, une copie ou une commande.
Une technique : l’aquarelle
Pour réaliser cette œuvre, Léon Gambey a choisi l’aquarelle, une peinture à l’eau légère et délayée, appliquée le plus souvent sur du papier. Si l’artiste chalonnais est influencé par l’Art Nouveau, il utilise ses principes de façon minimaliste avec une palette neutre où l’absence volontaire de superposition de couches de couleurs crée une impression de tonalité diluée qui contraste avec l’encre noire et profonde des grappes de raisin. Il traite le fond de son aquarelle à la manière d’une estampe japonaise avec un paysage sobre et en aplat.