actualités

Une saison, une oeuvre • Le fusil dit "d'Abd-el-Kader"


Fusil à silex, dit « Mukkhala » ayant probablement appartenu à Abd-el-Kader, 1ère moitié du XIXe. © musée Denon
Portrait d'Abdelkader, par Jean-Baptiste-Ange Tissier [1814-1876], vers 1852 © musée de Versailles
Photographie du Général Daumas [1807-1873], XIXe siècle © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay)

À chaque nouvelle saison, découvrez un objet, un ensemble ou une œuvre sortie des réserves, dans un espace dédié au cœur des parcours de visites permanents.

Juillet… septembre 2018 : le fusil dit d’Abd-el-Kader

Ce fusil à silex, fabriqué en Kabylie (Algérie) dans la première moitié du XIXe siècle, aurait selon son donateur, appartenu à Abd-el-Kader, le célèbre émir qui dirigea la résistance algérienne face aux armées françaises de 1832 à 1847.

Arme d’apparat, ce fusil était destiné à être offert aux hôtes de marque. Les traces d’utilisation apparentes sont peu nombreuses, hormis les quelques striures dues aux essais de fonctionnement. Jamais il n’a été utilisé sur le champ de bataille.

Ce fusil a-t-il réellement appartenu à l’émir Abd-el-Kader ?

Gravée sur le canon, une inscription précise que le fusil a été « fabriqué par Hamed, à Tangnedent, pour le généreux, notre Seigneur, El-Hadj-Abd- al-Kader (1254) ». Toutefois, nombre d’armes algériennes de cette époque portent des inscriptions similaires qui affirment, à tort, qu’elles ont été produites pour ce chef militaire charismatique, érudit, religieux et homme de lettres, qui fut tout au long du XIXe siècle la figure emblématique de la résistance algérienne face à l’occupation française.

L’argument le plus probant en faveur de l’authenticité de ce fusil reste la personnalité de son donateur, le futur général Eugène Daumas. Consul à Mascara, il séjourne pendant plus de douze ans en Algérie où il côtoie Abd-el-Kader, et tisse avec lui des liens de confiance qui se prolongeront même pendant la captivité de l’émir en France, après 1847. Membre de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, Eugène Daumas précise dans une lettre au président de la Société que ce fusil « ayant appartenu à l’ex-émir Abd-el-Kader, a été trouvé dans la tente même de l’ex-émir lors de l’enlèvement de la Smalah par S. A. R. Monseigneur le duc d’Aumale et parmi tous ceux qui ont appartenu à cet ennemi infatigable du monde chrétien c’est peut-être celui qui possède le plus grand caractère d’authenticité ». (Courrier de Saône-et-Loire, 25 août 1847)


Télécharger la fiche explicative