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Archéologie de la Saône


Maquette, détail, Habitat du gué des Piles à Chalon, Age du Bronze final (1000 av. J.-C.). © musée Denon
Fibule à corps de sirène, Alliage cuivreux, IIIe-IVe siècle, Ouroux-sur-Saône/Varennes-le-Grand (S.-et-L.), la Saône, gué de la Casaque. © musée Denon
Fibule à corps de chien, Alliage cuivreux, VIe siècle av. J.-C., Bragny-sur-Saône (S.-et-L.), site hallstattien final. © musée Denon
Vase à décor lustré, Terre cuite, Ier siècle av. J.-C., Verdun-sur-le-Doubs (S.-et-L.), site gaulois du Petit Chauvort. © musée Denon
Perles et bracelets, Verre, Ier siècle av. J.-C., Verdun-sur-le-Doubs (S.-et-L.), site gaulois du Petit Chauvort. © musée Denon
Entrave avec clé, Fer, 1er siècle av. J.-C., Verdun-sur-le-Doubs (S.-et-L.), site gaulois du Petit Chauvort. © musée Denon
Dépôt de bronzier (outillage), Alliage cuivreux, Age du Bronze final (1000 av. J.-C.), dépôt, Génelard (S.-et-L.). © musée Denon
Casque, épées, serpe et bracelet, Alliage cuivreux, Age du Bronze final (1000 av. J.-C.), dépôt, Chalon-sur-Saône, la Saône, port Ferrier. © musée Denon
Haquebute (petit canon) gravée « Chalon 1633 ». © musée Denon
Francisques et haches d’arme, Fer, Ve-VIe siècle, La Saône, provenances diverses. © musée Denon
Epées et pointes de lance, Fer, Xe - XIIe siècle, La Saône, provenances diverses. © musée Denon
Oenochoés (service à vin), Alliage cuivreux, Epoque gallo-romaine, La Saône, provenances diverses. © musée Denon
Epées à sphères, détail des poignées, Fer, Ier siècle av. J.-C., La Saône, provenances diverses. © musée Denon
Pointe de lance à décor anthropomorphe, détail de la douille, Fer, Epoque gauloise, Tène II, Saunières (S.-et-L.), la Saône. © musée Denon
Épées à poignée massive, Alliage cuivreux, Âge du Bronze final (1000 av. J.-C.), dépôt, La Saône en chalonnais. © musée Denon

Depuis plus de 150 ans, la Saône a livré un nombre considérable d’objets archéologiques, de l’époque néolithique jusqu’à l’époque moderne. A côté d’objets de la vie quotidienne, on observe de nombreux objets prestigieux, voire exceptionnels, et pour la plupart en parfait état de conservation.

De 1843 jusqu’à la fin du XXème siècle, les dragages ont permis au musée Denon de s’enrichir d’un grand nombre d’objets remarquables tant par leur rareté que par leur état de conservation (épées de l’âge du bronze, pointes de lance d’époque gauloise, les services à boire romains, l’armement médiéval jusqu’aux premières armes à feu, etc.). Entre autres, les dépôts de l’âge du Bronze et notamment celui du Port Ferrier de Chalon sont remarquables de par la qualité de l’armement qu’il renfermait (des épées et principalement des casques). Véritable chef d’œuvre technique, le casque du Port Ferrier peut indéniablement être considéré comme la plus belle réalisation de ce type connue à ce jour.

Les fouilles terrestres sur berges et subaquatiques sont venues compléter et répondre à certaines interrogations posées par les trouvailles de dragages.

Ainsi, l’âge du Fer est représenté par deux fouilles terrestres réalisées en bordure de rivière. Le mobilier, extrêmement riche et varié, place l’habitat gaulois du Petit-Chauvort parmi les sites majeurs de l’est de la France pour la connaissance du 2e Age du Fer. Le site hallstattien de Bragny-sur-Saône a permis d’observer sur toute l’étendue du site de nombreux aménagements liés à l’activité de tissage et surtout au travail du bronze et du fer.

D’autre part, en 1978, débutait à Ouroux-sur-Saône, à l’emplacement d’un habitat de la fin de l’âge du Bronze, la première fouille subaquatique en milieu fluvial.

Enfin, de 1982 à 2000, un vaste programme de recherches subaquatiques a été mis en place dans le cadre des activités du musée. Il a permis la découverte de nombreux vestiges et apporté une connaissance géomorphologique (étude scientifique des reliefs et des événements qui les produisent) de la Saône :

  • Deux fouilles consacrées aux passages à gué sur les sites du port Guillot à Lux et de la Casaque à Ouroux-sur-Saône. Les gués, lieux de vie, sièges de multiples activités en relation avec la rivière, étaient également lieux de rencontre et de culte. (Un passage à gué est un haut-fond naturel utilisé par l’homme pour traverser un cours d’eau. Au 18e siècle, c’est « un lieu où on peut passer un ruisseau, une rivière, un marais sans bateau, sans nager et sans s’embourber. Un bon capitaine doit savoir tous les guez d’une rivière qui couvre son camp. Ce mot vient du latin vadum » (Rey, 1978).
  • Un site de la fin de l’âge du Bronze (1000 av. J.-C.)  fut fouillé à Chalon. Il a permis de mettre en évidence un habitat sur pilotis.
  • Plusieurs pêcheries fixes datées du Moyen-Age ont été localisées. La pêcherie de Saint Marcel, datée du 14e siècle, a fait l’objet de fouilles, attestant du peu d’évolution dans les techniques et matériels de pêche jusqu’au début du XXe siècle.
  • Les résultats de la fouille du Grand Pont de Saône ont permis de comprendre la méthode de construction de ce pont à l’époque romaine. Un caisson étanche en bois a été édifié à l’emplacement de la pile avant que la construction proprement dite de cette dernière ne commence.

Les dragages anciens, les fouilles sur berges ainsi que les recherches subaquatiques, font de la Saône un site archéologique, reconnu au niveau européen. La diversité et l’état de conservation des vestiges sortis des eaux illustre la richesse de ce nouveau type de site, autant pour la préhistoire que pour l’histoire.


Bibliographie

  • Dumont A., Les passages à gué de la Grande Saône, approche archéologique et historique d’un espace fluvial (de Verdun-sur-le-Doubs à Lyon), 17e supplément à la RAE, 2002, Dijon
  • Bonnamour L., L’habitat Bronze final du gué des Piles à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), étude archéologique, Gallia Préhistoire, 1989, tome 31, pp. 159-189, 27 figures et plans.
  • Bonnamour L., Les ponts romains de Chalon-sur-Saône, Gallia, 57, 2000, pp. 273-306.